Tout est une question de choix.

juillet 17th, 2010

Parfois, on se croit fort et redoutable. Parfois on se dit qu’on pourra résister à tout, que de toute façon, on a déjà vu pire. On se dit ça régulièrement, pour se donner du baume au coeur. Par la suite, on se dit qu’un coup de pouce avec des plantes, ne ferait pas de mal. Après tout, c’est bien, la phytothérapie, non ?

On prend des plantes pour ne pas avoir le coeur qui bat trop vite. Ne pas avoir des hauts le coeur. Ensuite, il faut prendre des décisions. Inlassablement. On attend, attend, attend. On se contient. Puis lorsque l’on explosera, ce sera d’une violence inouïe.

On clame haut et fort qu’on veut connaître la vérité. Puis on se dégonfle. On se dit que si on nous la cache, après tout, c’est peut-être pas pour rien. Il faut juste savoir si c’est par manque de courage d’un côté, ou par soucis de préserver l’autre.

C’est sans doute un peu des deux.

Ambulance. 2005. Réanimation.

mai 15th, 2010

Il y a 5 ans. 5 petites années. Un manque d’oxygène. Du sang. Une civière. Des perfusions. Des doses. Des doses. Des doses. Des regards alarmés. La panique, peut-être. On a beau être confronté à la mort chaque jour, on ne l’admet au final pas tant que ça. Encore moins sur la jeunesse. La jeunesse représente normalement la vie. Le début. La forme. La force. Le courage. “C’est bête, à son âge…”. Les sirènes. Des visages. La tête dans le coton, loin de toute la panique. Un sentiment de calme, de volupté. Un sentiment de bien être. Loin de tout sentiment.  Loin de la vie. On ne panique pas. On ne panique plus. La force nous quitte. Ça se voit. Les visages se pressent. La dame me caresse le front. Respire, respire, reste avec nous. Elle me parle. Elle ne cherche pas à me faire répondre, elle sait que je n’y arriverais pas. Elle parle. Elle parle. Elle me caresse le front. Elle est là, toujours. Pendant toute l’opération de maintien en vie, cette femme a été là. Présente. Aimante. A côté de mon visage. Elle se battait pour moi. A ma place. Elle avait plus de force que toutes les armées réunies. Puis une idée : pense au meilleur moment que tu ais vécu me dit-elle. Je ferme mes yeux pour la première fois. Spontanément l’image me vient : C2/3F1 sur le lit de F. On riait aux éclats. Comme si j’y étais. Puis une larme coule. Se rendre compte qu’on ne veut pas quitter ça. On ne veut pas les perdre à jamais. A ce moment précis, le vide m’aspire. Deux choix : se battre ou tomber. J’ai choisi le sursaut. Il fallait que je reste. La femme a compris ce qui s’était passé. Elle a compris qu’elle a combattu le néant, et qu’elle a gagné. Elle me caresse toujours le front, toujours avec cette présence sans faille, mais est plus posée. Elle savait que le plus dur était fait. Puis la voilà qui lève la tête : on arrive, dit-elle. Une secousse. Nous voilà dans l’hôpital. Les portes de l’ambulance s’ouvrent, de nouvelles têtes, de nouveaux visages affairés tout autour du brancard. Puis Elle, furtivement, me caresse une dernière fois le front en me glissant, avec une pointe de fierté : il est difficile de mourir. La dernière fois que je l’ai vue. Je n’ai même pas pu lui dire merci. Je n’arrivais pas encore à parler. J’espère que mes yeux l’ont fait à ma place.

La vie est un brouillon, finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature, on rature, et quand c’est à peu près propre et sans coquilles, c’est fini, on n’a plus qu’à partir, c’est pour ça que la vie est longue. Rien de grave. Justine Lévy

mai 13th, 2010

Toujours les même chansons. Toujours Cali. Fais de moi ce que tu veux. Tes désirs font désordre. C’est toujours le matin.

Puis finir par Roberta. Elle est longue, Roberta. Je n’avais jamais pris le temps de l’écouter avant que Clément ne m’en parle. Clément. Ais-je déjà mis son prénom en entier sur cette page ? Pourquoi tant de mystère, puisque de toute façon je suis toute seule ici.

Une solitude sereine, cette fois. Pas comme toutes les autres solitudes qui m’entourent, les méchantes, vous savez. Les douloureuses. Les redoutées. Les redoutables.

Vous savez, Clément, je l’aime. C’est de lui dont je suis amoureuse. Il me donne parfois du fil à retordre, mais je l’aime. Je l’aime pour tout ce qu’il est. Je l’aime pour tout ce qu’il dégage. Je l’aime pour tout ce qu’il a déjà été. Et pour tout ce qu’il sera. Il m’a fait grandir, il m’a fait devenir une femme. On ne sait pas ce qu’il se passera dans la vie, dans les prochains temps, les prochaines semaines, les prochaines années, mais j’aime à me dire que jamais, jamais je ne regretterai cette histoire. Elle a été une énorme avancée. Un énorme pas dans ma vie. Il m’a apporté énormément de choses. Il m’a ouverte. Il m’a montré l’Amour. Il a été le bon, cette journée du 14 février 2010, le bon qui restera gravé. Il peut être considéré comme un Premier Amour. Michael a été le Premier Confident, tandis que Clément, lui, me montre l’Amour. Il a réussi à percer. A percer dans mon cœur, dans mon âme, dans ma chaire.

Nous bifurquons à Homme Sweet Homme.

Action.

mars 26th, 2010

Je ne leur dois rien. Pas même la vie. Ils n’ont rien fait pour me sortir de là. Ils n’ont rien fait pour me protéger. Et ils le sauront. Tôt ou tard. J’en ai assez de les épargner, tout en me prenant les gifles du passé. Encore chaudes, marquantes. Elles m’empêchent de vivre, ce qui ne les empêche pas de juger. S’ils veulent juger, jugeons.

Bis repetita.

janvier 30th, 2010

Je lui fais violence. Je veux la battre. L’abattre. Allez. Sors, maintenant. MAINTENANT. Ça fait un bail que JE VEUX écrire. Mais non, même ça, mon encéphale me l’enlève. Il bloque mes mots, mais pas mes maux. Ou il les bloque sur On. Où est le Off ? Parfois je pense à enlever les piles. Pahapa dit : Tout passe. J’ai envie d’y ajouter que tout trépasse. Je n’aime pas ce que je suis devenue. Souffrir. A quoi ça sert au juste ? Pourquoi je ne suis pas restée farouche, qui n’aimait personne, qui savait qu’il ne fallait en aucun cas s’attacher aux gens ? Les sentiments me font perdre la tête. Un trop-plein de sentiments. Un débordement. Saturation. J’aimerais ne rien ressentir. Ne penser à rien. Être équilibrée. Stagnante. Stagner tellement que je serais en train de pourrir, vous savez, un peu comme l’eau d’un lac.

N’avez-vous jamais remarqué l’odeur nauséabonde près d’un bon nombre d’étangs ? L’eau stagnante commence à pourrir. Des milliers de microbes s’affairent.

Limite un nouvel écosystème !

:)

Voilà, encore une fois, je n’ai pas écrit ce que je voulais. Je n’ai pas abordé le sujet de Bis repetita. Ça restera encore une fois à l’intérieur. Dans le ventre, dans l’estomac, dans la gorge. Là, tout juste là. Comme une ombre.

Les amoureux qui se bécottent sur les bancs publics, bancs publics, bancs publics, en s’foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes, les amoureux qui s’bécottent sur les bancs publics, bancs publics, bancs publics, en s’disant des Je t’aime pathétiques, ont des p’tites gueules biens sympathiques.

novembre 4th, 2009

Sur toi. Zazie.

septembre 25th, 2009

Je vis une relation. Une relation que je veux garder dans une bulle. Une relation forte, que je ne veux presque pas dévoiler, comme par peur qu’en étant matérialisée dans mon entourage, elle m’échappe. Et je ne veux pas qu’elle s’échappe, ni qu’elle m’échappe. J’aimerais la garder, tout contre moi. Elle me porte, elle me fait flotter. J’aimerais pouvoir la serrer, aussi fort que possible, ne jamais relâcher l’étreinte. Il m’aide à avancer, il me pousse, il est toujours, là, quelque part, au dessus de mon épaule. Même s’il est loin, même s’il n’est pas dans la même ville, il reste là, au dessus de moi. Je ne suis plus seule, je ne me sens pas seule. Parce que je sais que je peux tout partager, que je lui dirai ce qui s’est passé. Qu’il me répondra sérieusement, qu’il dédramatisera. Je ne voulais pas me dire que je suis en train de tomber amoureuse, mais il faut bien que je l’admette, j’en ai tous les symptômes. Sourire niais toute seule lorsque je reçois un sms, sourire niais quand j’entends son prénom -qui est somme toute porté par des milliers d’autres garçons-.

J’aimerais pouvoir vivre collée contre son torse, et tourner le dos au monde. Comme un coquillage qui se greffe à un rocher. Je saurais que je n’ai rien à craindre. Parce qu’Il est là. Mon doux, mon tout doux.

Je suis intoxiquée, je vous l’avais dit.

=)

Mardi 15 septembre 2009.

septembre 16th, 2009

Je savais que ce ne serait pas facile. Que je m’engageais sur un terrain instable, comme gorgé d’eau, qui menace de s’écrouler toutes les secondes.

Je le savais.

J’ai l’impression d’être en sursis. Il ne faut pas que je me retourne une demie seconde pour jeter un coup d’oeil en arrière, parce que je me noierais. Je serais prise dans le tourbillon. Alors je nage, je nage, je nage. Il faut que je continue à me battre, malgré cette menace qui plane sur moi. Avancer, avancer. C’est tout ce qui doit me venir à l’esprit. Bouger, c’est me prouver que je suis en vie. Le bruit, la vie, la ville, les gens, les humains.

Ce soir, en regardant H. je me suis demandée comment on pouvait haïr une petite fille de 5 ans. Elle a 6 ans, mais ça revient au même. C’est presque même peut-être pire. Alors je me suis dit qu’elle devait vraiment ne pas être très nette dans sa tête, même si je m’en étais déjà rendue compte. Comment a-t-elle pu s’acharner à ce point sur une toute petite fille qui venait de voir se détruire sa famille. Une petite fille qui hurlait qu’elle voulait son père. Une petite fille qui attendait dans les escaliers qu’il remonte. Mais il n’est jamais remonté.

Il n’est jamais remonté.

Tout ce qu’il a fait, c’est la laisser, pendant toutes ces années. Et tout ce qu’elle a fait, c’est l’inciter à nous oublier.

Je sais qu’il ne nous a pas oublié. Je sais qu’il sait qu’il a des filles. Mais est-il conscient de la peine que cela peut nous procurer ? Est-il au courant que j’envie chaque personne qui peut voir ses parents quand bon lui semble, et qui n’a pas besoin d’être caché ? Mon père nous a mis dans une trappe, qu’il ouvre lorsqu’il sait que le champ est libre. Son amour me manque. Même s’il est présent, quelque part. C’est un amour qui a du se cacher. Et il l’a fait excessivement bien.

Comment a-t-il pu m’abandonner ? Pourquoi est-ce qu’il m’a fait ça ? Tout aurait pu être tellement différent. S’il s’était battu pour m’avoir. Mais non, il m’a laissé. Là-bas. En remplissant son obligation une fois toutes les trois semaines, pour avoir la conscience plus tranquille lorsqu’il m’oubliait pendant les trois semaines suivantes.

Mais tout ça, j’essaye de l’oublier. Parce que je l’aime profondément. Au grand questionnement de certains. Evidemment. Ils ne peuvent pas comprendre. Tout ce que je veux garder en mémoire, c’est son image. Son odeur, et un fameux repas de midi.

*Tiens, prends ma vie aussi, qu’est-ce que je pourrais bien en faire de ma vie ?*

Comment ce sera dans 7 ans ?

septembre 14th, 2009

Cette question, au final, revient quand même. Même si elle était partie pendant quelques temps. Elle n’était finalement pas partie si loin que ça cette question. Comment est-ce que ce sera dans 7 ans ? Je sais qu’aujourd’hui je ne suis pas encore prête et que je ne suis pas encore assez grande pour évoluer sans père, mais est-ce que dans 7 ans ce sera le cas ?

Est-ce que dans 7 ans, je serai avec Clément ? Est-ce qu’il sera parti aux Etats-Unis ? Est-ce que je serais avec quelqu’un d’autre ? Est-ce que je serais heureuse ? Est-ce que je travaillerais dans un cabinet d’avocats ? Est-ce que j’aurais fait mon master en droit privé et sciences criminelles ? Est-ce que j’arriverais à défendre le droit des pères ? Est-ce que je serais mariée ? Fiancée ? Enceinte ? Vivante ?

Je sais que dans 7 ans, Il ne sera plus là. Il n’est déjà pas là tous les jours. Mais il y a une présence bienveillante qui veille sur moi. Je sais qu’il n’est pas loin. Il est accessible. Je sais que dans 7 ans, il ne sera plus accessible. Je sais que mes enfants n’auront probablement pas la chance de pouvoir côtoyer leur grand-père. J’ai encore 7 années pour me construire. Et depuis un an, je commence, petit à petit. Un vendredi tous les 15 jours, à revoir le fondement. A apprendre à vivre normalement. Sans crainte quelconque. Et j’y arriverai. Parce que comme Il le dit si bien, Vaincre ou mourir, comme disaient les romains.

Je ne sais pas si j’intériorise énormément, ou si je suis vraiment habituée à cette situation. Je sais que je ne le comprends pas, mais est-ce que ça m’attriste ? Quand j’y pense, oui. Mais je n’y pense pas tous les jours. Quand j’y pense, ça me retourne le coeur, et l’estomac. J’ai envie de pleurer. Mais je pense que j’arrive comme toujours à l’intérioriser. Peut-être que ça ressortira. Un jour. Je sais que quelque part, je lui en veux. Tout comme je me déclare Athée mais je me surprends à en vouloir à un possible Dieu qui passerait par là quand il m’arrive des tuiles.

Je sais que j’aimerais avoir une vie banale. Une vie affreusement banale. Je ne rêve pas de conquête de l’univers. J’aimerais juste du repos. Ne pas être dans les vagues, ne pas être en mer, mais être dans un étang. Voyez-vous ? Je sais que la contrepartie est qu’il y a moins d’espaces à découvrir, mais il y a également moins de risques. On n’est pas emporté par le courant.

En début d’année, pendant un débat entre Les Copines de Strasbourg qui consistait à dire ce qu’elles auraient voulu en plus, entre celles qui voulaient des parents moins présents, celles qui voulaient des piscines, celles qui voulaient un chien, j’avais envie de leur hurler que moi, tout ce que je voulais, c’était leurs vies. Avoir leurs vies et pouvoir vouloir autre chose qu’une vie banale, plate et coulante de source.

Encore un trajet en train.

septembre 11th, 2009

Première matinée seule à Colmar sans crise d’angoisse. J’ai même réussi à me rendormir. Vous imaginez-vous C. se rendormir, son cœur ne battant pas la chamade ? Il ne faut pas relâcher les armes, la guerre n’est pas encore finie. Nous dirons simplement que comme dans les incendies, il y a des jours où le temps et l’atmosphère apaisent les flammes. De plus, il fait beau, la lumière vive a toujours tendance à me calmer. Il ne faut pas oublier que les cendres chaudes sont là et qu’à la première canicule, ou au premier coup d’oxygène, le feu peut reprendre pour ravager davantage de terre.

Si la nature ressent la même chose que moi pendant son laps de temps de répit, je peux vous dire qu’elle s’arme pour combattre de plus belle les prochaines attaques. Hier j’étais une marathonienne, une boxeuse, une cycliste, aujourd’hui me voilà brasier. Je vous en prie, épargnez-moi et détruisez tous les soufflets de Terre. Ou mettez-moi dans une boite hermétique afin que l’air ne ravive pas les flammes.

Avez-vous vu ?

Encore cette maudite volonté de ne pas affronter le monde. Faisons un effort, commandez-moi juste un auvent.

Que je me frotte au monde.






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